
Le Passeport jaune Земля в плену
Ciné-concert
URSS / Mejrabpom-Rouss / 1928 1h16 N&B
Un film de Fédor Ozep
Avec Anna Sten, Ivan Koval-Samborski, Mikhaïl Narokov, Anel Soudakevitch, Vladimir Fogel, Nikolaï Batalov…
Un couple de paysans vit heureux. Hélas, leur maître oblige l’épouse à venir en ville pour servir de nourrice. En butte à ses assiduités, elle s’enfuit. Mais elle est prise dans une rafle. On lui remet alors un papier la classant prostituée. Ne sachant lire, elle présente ce document à de futurs patrons et ne trouve aucun travail. Rejetée de partout, elle tombe dans la déchéance.
Le film sort en France en 1928 sous le titre Une femme qui tombe. La presse de l’époque regrette le ton tendancieux, accommodant un sujet pas neuf, pour dénoncer les préjugés et les mœurs « bourgeois ». A son avis, le film veut être un réquisitoire contre la société russe d’avant-guerre mais il ne prouve rien. On recommande cependant des coupures pour enlever le caractère propagandiste d’une réalisation remarquable malgré tout car il y a de fort bonnes choses. Parmi les éléments favorables, on relève : la belle technique, la beauté photographique, les images de la vie paysanne, les tableaux de misère et de vice, des scènes émouvantes, la maîtrise de la réalisation et le jeu d’Anna Sten, tout en naturel et simplicité.
Anna Sten, l’inoubliable Jeune fille au carton à chapeau (1927) de Boris Barnet. Au studio atypique Mejrabpom de Moscou, Ozep et Barnet font ensemble le serial Miss Mend (1926). Depuis, la gloire de Barnet a éclipsé Ozep. C’est dommage. Ozep est un scénariste de talent - La Dame de pique en 1916 et Aélita en 1924 pour Yakov Protazanov, La vendeuse de cigarettes du Mosselprom en 1924 pour Youri Jeliaboujski. C’est aussi un grand réalisateur : Les frères Karamazoff (1931), Amok (1934)… Bref, un auteur. Osons Ozep.
CINE-CONCERT Le film sera accompagné par Vadim Sher (piano) et Mila Sher (basse). Musique composée par Vadim Sher.
Le ciné-concert sera présenté au Balzac mardi 24 mars à 20h30, en présence de Franck Loiret, directeur de la Cinémathèque de Toulouse.
Et à la médiathèque de Taverny lundi 30 mars à 19h30.
La Cinémathèque de Toulouse et le cinéma russe
Actuellement présidée par l’actrice, scénariste et réalisatrice Agnès Jaoui, la Cinémathèque de Toulouse est l’un des principaux lieux de conservation et de diffusion du patrimoine cinématographique en France. Elle a été fondée en 1964 par Raymond Borde, historien et critique de cinéma, animateur du Ciné-club de Toulouse dans les années 1950. Dotée de deux salles – bientôt trois –, d’une riche bibliothèque et d’un espace d’exposition dans le centre historique de la ville, la Cinémathèque est un acteur essentiel de la vie culturelle toulousaine. Hors les murs, elle rayonne grâce à sa présence régulière dans de nombreux festivals, scènes nationales et lieux de programmation de films, en France et à l’étranger. Parmi les trésors conservés dans son Centre de conservation et de recherche, situé dans la ville de Balma, proche de Toulouse, plus de 57 000 copies argentiques, 100 000 affiches et 500 000 photographies de cinéma. Les collections se sont constituées grâce aux offices du cinéma éducateur et aux projectionnistes itinérants et se sont progressivement enrichies grâce aux dépôts et aux dons de distributeurs, producteurs, réalisateurs, collectionneurs et cinéastes amateurs.
La Cinémathèque de Toulouse conserve un des fonds de cinéma russe et soviétique les plus importants à l’ouest de Moscou. On peut même dire que cela fait partie de son identité. Riche d’environ 500 titres, ce fonds couvre l’ensemble du XXe siècle, de la fin du cinéma tsariste aux années 1970. Depuis 1965, la Cinémathèque a noué des relations d’amitié et de confiance avec le Gosfilmofond à Moscou. Ces liens privilégiés entre les deux cinémathèques ont permis de nombreux échanges de copies.
Deux films rares, en partenariat avec la Cinémathèque de Toulouse
Possibilité d'acheter les billets en avance sur place ou par internet www.cinemabalzac.com